PLANS DE TRANSITION SECTORIEL DE L’ADEME : DEUX SCENARII POUR L’INDUSTRIE PAPETIÈRE

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24 mar 2025

PLANS DE TRANSITION SECTORIEL DE L’ADEME : DEUX SCENARII POUR L’INDUSTRIE PAPETIÈRE.

 

Les Plans de Transition Sectoriels (PTS) réalisés par l’ADEME ont vocation à éclairer la transition des différents secteurs industriels vers la neutralité carbone. Pour l’ensemble de l’industrie française, il s’agit d’une baisse de 81% de ses émissions à atteindre entre 2015 et 2050.

 

Pour l’industrie des papiers et cartons, un des neufs secteurs stratégiques concernés par les exigences de la Stratégie Nationale Bas Carbone et qui représente 2,3% du total des émissions industrielles françaises, l’ADEME propose deux scénarii : le premier misant sur la massification du réemploi et l'électrification progressive, l'autre sur des innovations technologiques et un recours accru au bois-énergie. Deux trajectoires volontairement contrastées qui impliquent des choix stratégiques pour l’industrie.

 

 

Le premier scénario table sur un réemploi massifié et un recours au bois-énergie limité :

 

En résumé, le schéma envisage une réduction du nombre de cartons logistiques neufs mis en circulation compensé par le réemploi de cartons usagés et le développement de caisses en plastique. Pour l’énergie, la biomasse serait développée jusqu'en 2030 pour remplacer progressivement les combustibles fossiles. Par la suite, l'électrification prendrait une place prépondérante avec l'utilisation de pompes à chaleur très haute température et de chaudières électriques.
Si le sujet du réemploi constitue un point d’intérêt marqué de la part de l’ADEME, on notera cependant une limite de cette étude qui se focalise sur la filière sans évaluer les reports de pollution. Remplacer des caisses en carton par des caisses réemployables d’un matériau différent conduit certes à une baisse massive des quantités mises en marché et donc des émissions liées à la seule production de l’emballage. Mais plusieurs études ont établi que les alternatives réemployables pouvaient avoir un impact supérieur, selon les distances de transport, la réalité du réemploi et la performance de recyclage (dont on rappellera qu’elle est exceptionnelle pour les emballages professionnels). Un scénario bien théorique donc, qui nécessite d’être complété pour éviter un transfert de pollution qui serait contraire à l’objectif recherché.

 

 

Le second scénario mise sur l'innovation technologique avec le développement de nouveaux matériaux papiers comportant des propriétés barrières à l'eau et aux graisses qui permettront de remplacer un grand nombre d'emballages en plastique. La décarbonation passera quant à elle par une mobilisation renforcée de la biomasse, complétée par des pompes à chaleur THT (comme dans le scénario 1), du biogaz produit par méthanisation des résidus liquides et solides et aussi par l’arrivée de certaines technologies de rupture vis-à-vis du gaz naturel. Celles-ci devant permettre de réduire la consommation d'énergie et d'améliorer l'efficacité des procédés industriels pour les usines qui ne produisent pas de pâte à papier en fibres vierges.

 

Les leviers de performance se situent donc au niveau des sites industriels, lesquels ont déjà réussi une performance remarquable depuis plus de quinze ans. On rappellera ainsi que les émissions de CO2 de l’industrie papetière française ont baissé de 23% par tonne produite et de 47% en valeur absolue entre 2005 et 2022 ; que la consommation d’énergie a baissé de 30% sur la même période et que 60% de l’énergie thermique utilisée par l’industrie papetière provient de la biomasse, qui est une énergie renouvelable.