PETITS ET GRANDS EMBALLAGES : LES MAILLONS FAIBLES DE LA COLLECTE ET DU TRI.
Loi AGEC, Directive SUP, décret QCE, PPWR, l’encadrement réglementaire à propos des emballages, leur conception, leur fin de vie, continue de s’accentuer au travers d’objectifs toujours plus ambitieux. En matière de recyclage les objectifs européens sont restés inchangés suite à l’adoption du PPWR. Pour autant la collecte et le tri de certains formats d’emballages en papier-carton nécessitent de progresser pour améliorer encore leur performance en matière de circularité.
En France, le papier-carton des emballages est d’ores et déjà le matériau le plus recyclé. L’ADEME indique un taux de recyclage de près de 90% ! Ce résultat repose cependant sur une performance contrastée entre les emballages professionnels, extrêmement bien récupérés, et les emballages ménagers, dont le taux de recyclage avoisine 67%.
Si ce résultat n’est pas déshonorant, il interpelle, tant les consignes de tri sont simples et les emballages en papier-carton aptes au recyclage dès lors qu’ils parviennent à un site de recyclage. Il est donc indispensable que les étapes amont soient alignées pour assurer que l’emballage arrivera bien jusqu’au site papetier qui pourra le transformer en un matériau neuf recyclé.
Deux exemples illustrent les pistes de progrès pour les emballages papier-carton :
Avec le développement du E-commerce notamment, la présence d’emballages en carton ou carton ondulé dans le circuit ménager s’est amplifiée. Il s’agit souvent d’emballages de grande taille. Malheureusement, à l’heure actuelle et dans les zones urbaines, leur collecte est loin d’être optimale. Force est de constater que dans les locaux dédiés des habitations collectives, ces emballages débordent souvent des bacs prévus et n’y trouvent pas place. Pire encore, on les retrouve souvent à l’extérieur, sur la voie publique à côté des conteneurs, à la merci des intempéries qui peuvent affecter leur recyclabilité. Cette situation peut d’ailleurs impacter les autres matériaux, si les bacs de collecte ne sont plus accessibles.
Les metteurs en marché ont innové en amont : l’éco-conception passe aussi par la facilité à mettre à plat des emballages dont le volume est réduit autant que possible. Mais un travail pour améliorer la sensibilisation et la collecte est encore nécessaire en aval. REVIPAC travaillera avec attention sur ce sujet, pour que les bonnes initiatives soient connues et puissent être déployées sur l’ensemble du territoire. Ce sujet est d’ailleurs spécifiquement prévu au cahier des charges d’agrément de la filière.
A l’opposé, les petits emballages : si ceux-ci sont plus facilement triés par les citoyens et trouvent ainsi leur place dans les bacs, c’est au niveau du tri que le captage doit être amélioré. Le tri des petits emballages reste problématique. Les emballages de médicaments, de cosmétique, de confiserie, de piles eux aussi doivent pouvoir accéder aux sites de recyclage sans être perdus. Ce sujet, qui est aussi à l’ordre du jour de l'agrément représente une attente forte de la filière.